Obtention d'une bourse FRESH du F.R.S.-FNRS pour Astrid Schreurs
Faculté d'Architecture | UR AAP
Astrid Schreurs, assistante au sein de la Faculté d'Architecture, a obtenu une bourse FRESH du F.R.S.-FNRS. Nous lui avons posé quelques questions.
Pouvez-vous nous rappeler brièvement votre parcours ?
Après l'obtention du Master en Architecture, à finalité spécialisée en art de bâtir et urbanisme (ULiège), j’ai effectué un stage chez Altiplan°Architects à Liège. Pendant ces deux années, mon projet de thèse a commencé à prendre forme. En octobre 2023, j’ai intégré le laboratoire DIVA (UR AAP), sous la supervision de Pierre Hallot et Philippe Sosnowska, puis le laboratoire ACTE avec Sophie Trachte. Ce fut l’opportunité de participer à plusieurs projets de recherche, de rédiger des articles et de présenter mes travaux pendant des événements scientifiques... et donc de me familiariser avec des outils, méthodes et concepts que je compte mobiliser dans le cadre de la thèse !
Vous venez d’obtenir une bourse de recherche. De laquelle s’agit-il et quelles étaient les conditions pour souscrire à cet appel ?
Il s’agit de la bourse FRESH du F.R.S.-FNRS, qui finance la réalisation d’un doctorat en sciences humaines et sociales, en 4 ans. Plus précisément, elle soutient des projets de recherche fondamentale qui visent à améliorer, à court ou moyen terme, la compréhension ou le fonctionnement d’un secteur de la société (dimensions culturelles, économiques, politiques, sociales ou socio-psychologiques).
L’obtention de cette bourse va-t-elle avoir des effets sur votre statut actuel ?
En effet. Actuellement, mes contrats d’assistante ne durent que quelques mois et je travaille à temps partiel. La bourse va me permettre de devenir doctorante, je serai donc mandatée à temps plein pour 4 ans (deux mandats de 2 ans) ! J’aurai ainsi l'occasion de me consacrer entièrement à la formation doctorale et à mon projet de thèse.
Parlez-nous de votre recherche : sur quoi va-t-elle porter ?
Le projet de thèse porte sur l’étude des Instituts "Trasenster", édifices commandités à la fin du XIXe siècle par le Recteur de l’Université de Liège, Jean-Louis Trasenster. L’étude croisée de ces bâtiments scientifiques exceptionnels permettra d’enfin développer une lecture complète et intégrée de ce corpus architectural remarquable, œuvre de l’architecte provincial Lambert-Henri Noppius (un personnage dont on connait très peu le travail, alors qu’il travaillait aussi à la restauration du Palais des Princes-Evêques à cette époque !). La recherche s'intéressera notamment à la conception de ces "petites universités spécialisées", en lien avec des équipements et des pratiques scientifiques alors nouveaux, et à l’influence des utilisateurs des lieux sur le design (et inversement). La recherche visera aussi à comprendre quels étaient les moyens et l’organisation qui ont permis de mener à bien six chantiers de cette ampleur, pendant presqu’une décennie de travaux à Liège. De plus, il s’agira d’étudier le rôle de l’Université comme maître de l’ouvrage et d’observer ses potentialités pour stimuler la croissance urbaine, une question particulièrement pertinente vu les développements récents de l’Institution, qui semble manifester un retour vers le centre-ville.
Pourquoi avez-vous opté pour ce champ de recherche ?
L’Observatoire de Cointe est un des instituts étudiés. Au cours de mon Master en Architecture, j’ai travaillé sur ce bâtiment et son passé scientifique m’avait particulièrement intéressée ... Mais j’ai été frappée par son état de dégradation. Et ce n'est pas un cas isolé puisque d’autres édifices témoignant de cette période d’essor universitaire (comme l’Institut Montefiore ou l’Hôpital de Bavière) ont subi une négligence choquante et sont aujourd’hui mis en danger par des projets de promotion immobilière. Cela m’a vraiment motivée à approfondir les recherches, et à mettre en lumière la valeur de notre patrimoine académique liégeois.
Par qui votre recherche sera-t-elle encadrée et quelle expertise ces personnes pourront-elles vous apporter ?
Deux professeurs attachés au laboratoire DIVA (UR AAP) encadreront la thèse. D’une part, l’expertise de Philippe Sosnowska, archéologue du bâti et historien de la construction, sera précieuse pour tirer profit des études menées in situ et en archives. En plus, la recherche bénéficiera de ses compétences dans l'étude des matériaux de construction et leur mise en œuvre et de ses connaissances sur le fonctionnement des chantiers de construction. D'autre part, Claudine Houbart, architecte et historienne de l'art spécialisée dans les questions patrimoniales, pourra apporter des éclairages significatifs pour interpréter la place de ces projets architecturaux au sein de l'histoire culturelle et urbaine. Elle pourra également me conseiller sur les stratégies de diffusion et de valorisation des résultats de la recherche, quant aux enjeux contemporains de conservation, de restauration et de réhabilitation des bâtiments (s'inscrivant dans les objectifs d’impact sociétal de la bourse FRESH). En outre, le doctorat sera effectué en co-tutelle avec l’Universiteit Antwerpen, sous la supervision de l’historienne Inge Bertels, Doyenne de la Faculté des Sciences du Design. Son expertise en histoire de l’architecture, de la construction et de l’urbanisme aux XIXe et XXe siècles l’a déjà amenée à superviser de nombreux autres travaux sur le secteur de la construction à cette époque.
Un mot pour la fin ?
J'en profite pour exprimer ma gratitude envers tous les collègues qui m’ont encadrée pendant la période d’assistanat, ceux qui m’ont aidée pour préparer les candidatures pour les bourses, et ceux qui ont cru en moi et m’ont encouragée jusqu’à l’annonce des résultats. Du fond du cœur, merci !
Voir l'ensemble des portraits des chercheurs de la Faculté d'Architecture
