Obtention d'un post-doctorat en Suède pour Gwendoline Schaff
Faculté d'Architecture | Post-doctorat
Gwendoline Schaff, docteure en Art de bâtir et Urbanisme de l'Université de Liège a obtenu un post-doctorat à l'Université de Lund (Suède). Nous lui avons posé quelques questions.
Pouvez-vous nous rappeler brièvement votre parcours ?
Mon parcours académique a débuté à l’Université de Liège, où j’ai obtenu un Bachelier et un Master en architecture. J’ai ensuite entamé un doctorat en co-tutelle entre l’Université de Liège et l’Université de Hasselt. Cette recherche doctorale a été financée par une bourse « Aspirant » du FNRS et encadrée par une équipe de promoteurs aux profils multidisciplinaires : Fabienne Courtejoie (laboratoire Team11, Faculté d’Architecture, ULiège), Catherine Elsen (laboratoire Inter’Act, Faculté des Sciences Appliquées, ULiège), ainsi qu’Ann Petermans et Jan Vanrie (laboratoire ArcK, Faculté d’Architecture et des Arts, UHasselt). Ma thèse portait sur les dispositifs spatiaux d’habitats non-institutionnels favorisant le bien-être des personnes âgées en Wallonie. Elle est intitulée « Bien vieillir chez soi : pour des approches architecturales multiples » et est disponible en ligne sur Orbi.
En 2023, en parallèle de la finalisation de mon doctorat et en accord avec mes valeurs, j’ai souhaité diversifier mes pratiques en suivant une année complémentaire en architecture écologique et sociale à l’ESAP de Porto. J’ai pris part à des cours et workshops très variés, allant de l’étude d’architectures communautaires, militantes et vernaculaires, à l’expérimentation de matériaux naturels, en passant par la mise en place de processus collaboratifs et participatifs.
Enfin, depuis plus d’un an, je travaille en tant que post-doctorante sur le projet HabitAge, qui explore l’impact du logement et du quartier sur la santé des personnes âgées. Ce projet vise à mieux comprendre les liens entre l’activité physique des seniors, leur sommeil et les environnements dans lesquels ils vivent. HabitAge est un projet de recherche ARC (Actions de Recherche Concertées), favorisant les collaborations interdisciplinaires entre la Faculté de Médecine (santé publique), la Faculté de Psychologie (psychologie de la sénescence) et la Faculté des Sciences Appliquées (ingénierie architecturale) de l’Université de Liège.
Vous venez d’être acceptée pour un post-doctorat en Suède. De quel poste s’agit-il ? Quelle était la procédure de sélection ?
Effectivement, j’ai été sélectionnée pour un post-doctorat de deux ans à l’Université de Lund en Suède !
L’appel à candidatures auquel j’ai répondu portait sur les Collaborative Living Environments et était ouvert à l’international. La procédure de sélection s’est déroulée en plusieurs étapes. Après avoir soumis ma candidature, j’ai été retenue pour un premier entretien. J’ai ensuite été invitée à réaliser un exercice, que j’ai présenté lors d’un second entretien. La réponse positive est arrivée environ deux mois après le dépôt de ma candidature.
Parlez-nous de vos recherches : sur quoi vont-t-elles porter ?
Je travaillerai principalement sur deux projets de recherche.
Le premier, intitulé HouseWell, est un projet suédois qui répond à la nécessité de développer des formes d’habitat partagé pour les personnes âgées, afin de lutter contre l’isolement social et ses effets négatifs sur la santé physique, cognitive et mentale. Des cas d’études de collaborative housing (équivalent des habitats groupés en Belgique) et de senior housing (semblables aux résidences-services en Belgique) seront analysés et comparés à travers des enquêtes quantitatives et qualitatives. Les pratiques socio-spatiales qui en émergeront seront ensuite partagées et discutées à travers des sessions de cocréation, des webinaires, ainsi qu’une "boite à outils de conception" destinée aux architectes.
Le second projet, AGE-15, est une recherche collaborative internationale portant sur le concept de la "ville des 15 minutes" et les relations socio-spatiales entre le domicile des seniors et leur quartier. L’objectif principal est d’explorer les liens entre des environnements de vie collectifs de personnes âgées et les activités quotidiennes, la sécurité, la mobilité, l’accessibilité, ainsi que l’isolement dans quatre contextes urbains : Göteborg (Suède), Istanbul (Turquie), La Haye (Pays-Bas) et Lisbonne (Portugal).
Comment avez-vous opté pour ce champ de recherche ?
Mon intérêt pour les questions liées à l’habitat a débuté lors de mon mémoire de Master, qui portait sur le bien-être des personnes lésées médullaires au sein de leur logement. Au-delà de la richesse humaine des rencontres réalisées, cette recherche m’a permis d’approcher la complexité de la notion d’« habiter » et a suscité en moi l’envie d’explorer davantage les liens entre espaces de vie et expériences vécues.
J’ai rapidement ressenti le besoin de m’éloigner des modèles d’habitat encore trop centrés, à mon sens, sur la famille-type, jeune, en bonne santé et socialement favorisée. J’ai donc choisi de poursuivre un doctorat, puis un post-doctorat, sur les situations résidentielles des personnes vieillissantes. Le vieillissement de la population soulève en effet de nombreux défis, et repenser les formes d’habitat pour qu’elles répondent mieux aux besoins d’une société en transformation me semble aujourd’hui fondamental.
Ce nouveau contrat en Suède s’inscrit dans la continuité de ces réflexions, tout en élargissant le champ : il me permet de relier mes préoccupations autour du vieillissement aux enjeux de l’architecture écologique et sociale, en me concentrant sur les formes d’habitat collaboratif qui intègrent ces différentes dimensions.
Par qui votre recherche sera-t-elle encadrée et quelle expertise ces personnes pourront-elles vous apporter ?
Je serai accueillie au sein du laboratoire Housing Development and Management, rattaché au département Architecture and Built Environment de l’Université de Lund. Ce groupe de recherche explore les relations entre le logement et son environnement — du quartier à l’échelle urbaine — à travers les prismes de la planification, de la conception, de la production, de l’usage et de la gestion. Son objectif principal est de mieux comprendre comment ces processus peuvent contribuer à la création de logements durables et de qualité, notamment pour les personnes à faibles revenus et dans les pays en développement. Les recherches menées s’appuient sur une approche interdisciplinaire, mobilisant à la fois des méthodes qualitatives et quantitatives, ainsi que des collaborations étroites avec les acteurs de terrain (habitants, associations, municipalités, professionnels du secteur de la construction, etc.).
Je serai encadrée par Ivette Arroyo, dont les travaux portent entre autres sur l’habitat collaboratif, l’intégration sociale, le réalisme critique, l’auto-construction organisée et l’approche par les capacités. Je collaborerai également avec Marianne Granbom et Christina Löfvendahl, membres du groupe interdisciplinaire Active and Healthy Ageing Research Group (Faculté de Médecine), dont les recherches croisent les perspectives de la gérontologie environnementale, des sciences de la santé et des neurosciences. Enfin, Norma Montesino, chercheuse à la School of Social Work et spécialisée dans les questions de migration et de mobilité, fait également partie des projets dans lesquels je serai impliquée.
Un mot pour la fin ?
L’Université de Lund figure régulièrement parmi les meilleures universités au monde, et s’est notamment classée 3ᵉ dans la catégorie « Sustainability » du classement QS World University Rankings 2025. J’espère dès lors pouvoir m’inspirer de leurs bonnes pratiques afin de nourrir les réflexions en Belgique. Que ce soit dans ma vie privée ou professionnelle, il me tient à cœur d'œuvrer pour une société plus juste, bienveillante et soutenable. Je pense que la culture suédoise peut nous apporter un regard nouveau sur ces enjeux et enrichir notre manière de les aborder. A suivre donc
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