Obtention d'un mandat d'aspirant F.R.S.-FNRS pour Fabian Van Boxem
Faculté d'Architecture | UR AAP
Fabian Van Boxem a obtenu un mandat d'aspirant F.R.S.-FNRS au sein de la Faculté d'Architecture. Nous lui avons posé quelques questions.
Pouvez-vous nous rappeler brièvement votre parcours ?
Après l’obtention d’un master en histoire de l’art et archéologie à finalité spécialisée en iconologie et étude des cultures visuelles, j’ai réalisé l’agrégation en histoire de l’art. En 2024, j’ai achevé le master de spécialisation en conservation-restauration du patrimoine culturel immobilier avec la réalisation d’un mémoire portant sur l’étude d’un ensemble urbain situé à Bruxelles. À la suite de ce mémoire, j’ai obtenu un engagement de 6 mois grâce à une convention conclue entre le groupe de recherche DIVA (intégré à l’UR AAP) et le Département du Patrimoine archéologique d’urban.brussels (administration régionale bruxelloise), sous l’initiative du Professeur Philippe Sosnowska. Cet engagement m’a permis d’approfondir l’étude du site et de fouiller certaines zones qui n’avaient pas pu l’être durant le mémoire. J’ai ensuite obtenu un contrat de recherche de 3 mois au sein du laboratoire DIVA, sous la direction de Philippe Sosnowska, pour initier la mise en place d’un premier outil d’enregistrement nécessaire au futur projet de thèse.
Vous venez d’obtenir une bourse de recherche. De laquelle s’agit-il et quelles étaient les conditions pour souscrire à cet appel ?
Il s’agit du mandat d’aspirant (ASP) du F.R.S.–FNRS, celui-ci vise à la réalisation d’un projet doctoral en 4 ans. Ce type de bourse permet de soutenir la recherche scientifique libre (fondamentale) en Communauté Française de Belgique. La participation à cet appel a été conditionnée par la possession d’un diplôme de niveau master obtenu dans l’une des universités de la Communauté Française de Belgique et le dépôt d’un projet.
Avant de souscrire à cet appel, la faculté vous a octroyé un soutien de 3 mois. En quoi celui-ci vous a-t-il été utile pour obtenir le financement ?
Ce soutien m’a permis d’entamer mes recherches pour mon objet d’étude : la cheminée. J’ai également eu la possibilité de me rendre sur deux chantiers bruxellois, l’un géré par l’équipe du projet BÂTI (CReA-Patrimoine, ULB) et le second géré par urban.brussels, ce qui m’a permis d’entamer mon travail sur le terrain.
Parlez-nous de votre recherche : sur quoi va-t-elle porter ?
Ce projet a pour objectif d’étudier la cheminée dans le cadre bruxellois du 15e siècle, moment de densification du bâti, à la première moitié du 19e siècle, lorsque le poêle remplace progressivement le foyer ouvert. L’objectif principal de ce projet est d’étudier la cheminée dans les différentes dimensions qu’elle recouvre. Elle sera étudiée sous ses aspects matériels et constructifs, au travers des matériaux, de la structure ainsi que de la mise en œuvre de cet élément dans le bâti. Elle sera également envisagée en tant qu’objet utilitaire et artistique, notamment avec les rapports qu’elle entretient avec les individus au travers de ses multiples fonctions et usages. La dangerosité que représente la cheminée pour la collectivité sera également développée au moyen de la réglementation qui l’encadre. C’est de cette dernière que découle une série de prescriptions d’ordre matériel, économique ou sécuritaire. L’étude de cet élément et de ses adaptations aux pratiques quotidiennes et aux manières de vivre offrira ainsi un point de vue privilégié pour étudier les sociétés qui la mettent en œuvre.
Actuellement, l’émergence des préoccupations environnementales, le changement de mode de chauffage, les modifications des distributions intérieures de l’habitat, mais aussi les évolutions des goûts sont autant de facteurs qui accélèrent le processus de disparition des cheminées et en rendent l’étude non seulement nécessaire mais aussi urgente.
Pourquoi avez-vous opté pour ce champ de recherche ?
Lors de la réalisation de mon mémoire pour le master de spécialisation, j’ai été confronté à un ensemble urbain situé à Bruxelles dont l’évolution s’étale de la période tardo-médiévale (14e-16e s.) jusqu’à nos jours. Lorsque je suis arrivé sur ce site, une partie des travaux avait déjà commencé et la plupart des maçonneries étaient dérochées. J’ai été interpellé par les nombreuses traces de cheminées présentes dans les maçonneries et le solivage. C’est de ce premier constat de l’importance et de la fragilité de cet élément patrimonial qu’est née la réflexion qui a amené à développer ce projet de recherche.
Par qui votre recherche sera-t-elle encadrée et quelle expertise ces personnes pourront-elles vous apporter ?
Cette recherche sera encadrée par le Professeur Philippe Sosnowska (ULiège) rattaché au laboratoire DIVA (UR AAP) et la Professeure Caroline Heering (UCLouvain) rattachée au centre d’analyse culturelle de la première modernité GEMCA (INCAL).
L’étude pourra ainsi bénéficier de l’expertise du Professeur Philippe Sosnowska dans les domaines de l’archéologie du bâti et de l’histoire de la construction plus particulièrement dans le contexte bruxellois. Sa connaissance des matériaux et des techniques de construction pourra être largement mobilisée dans ce projet. Depuis 2015, Philippe Sosnowska mène d’ailleurs un projet de recherche relatif à l’étude des céramiques, des pierres architecturales et des planchers en bois sur les sites archéologiques en Région de Bruxelles-Capitale en collaboration avec le département Patrimoine archéologique d’urban.brussels.
L’étude bénéficiera également de l’expertise de la Professeure Caroline Heering spécialiste de l’ornementation dans les anciens Pays-Bas au cours de la première modernité. Ses compétences en matière d’ornements et d’iconographie dans une approche « relationnelle » seront particulièrement utiles pour mieux cerner les liens que la cheminée entretient avec son environnement. Caroline Heering a notamment participé au projet FED-tWin Christina (Christian Iconography in the Inventory of Belgian Cultural Heritage), auquel travaille actuellement Emmanuel Joly (spécialiste de l’architecture de la fin du Moyen Age), qui développe une approche « relationnelle » des œuvres en les situant dans un réseau de relations avec des espaces, des acteurs ou des objets.
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