Interview

Obtention d'une bourse FRESH pour Sarah Amighetti

Faculté d'Architecture | UR AAP



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©️ S. Amighetti

Sarah Amighetti a obtenu une bourse FRESH au sein de la Faculté d'Architecture. Nous lui avons posé quelques questions.

Pouvez-vous nous parler brièvement de votre parcours ?

Après l’obtention d’un master en philosophie, j’ai poursuivi ma formation par une codiplomation conduisant à l’obtention d’un diplôme en sciences politiques et en Science, Technologie et Société (STS) aux universités de Liège et de Maastricht. En septembre 2022, j’ai rejoint la Faculté d’Architecture comme assistante pédagogique, où j’interviens principalement dans des cours de méthodologie et de sciences humaines et sociales, sous la supervision de David Tieleman et de Julie Neuwels. À partir de septembre 2024, j’ai bénéficié d’un mandat d’assistante 2/4/6, une étape qui a marqué le début de mon parcours doctoral, en me permettant de démarrer et de peaufiner mon projet de thèse.

 

Vous venez d’obtenir une bourse de recherche. De laquelle s’agit-il et quelles étaient les conditions pour souscrire à cet appel ?

Il s’agit de la bourse FRESH du F.R.S.-FNRS, qui finance la réalisation d’un doctorat en sciences humaines et sociales sur une durée de quatre ans. Elle soutient des projets de recherche fondamentale et se distingue par l’attention portée à l’impact sociétal des recherches financées. Les projets sélectionnés doivent démontrer en quoi leurs résultats peuvent, à court ou à moyen terme, contribuer à éclairer des enjeux contemporains concrets, qu’ils soient culturels, économiques, politiques, sociaux ou socio-psychologiques.

 

L’obtention de cette bourse va-t-elle avoir des effets sur votre statut actuel ?

En effet, l’obtention de cette bourse me permet de me consacrer à temps plein à la recherche doctorale. Elle implique l’arrêt de mes charges d’enseignement afin de pouvoir me concentrer entièrement sur le développement de ma thèse au cours des quatre prochaines années.

 

Parlez-nous de votre recherche : sur quoi va-t-elle porter ?

Ma recherche porte sur les équipements techniques des bâtiments à haute performance énergétique, tels que les systèmes de ventilation, les thermostats programmables ou les fenêtres performantes, et sur les trajectoires qu’ils suivent dans le temps. À partir d’une enquête de terrain menée dans des logements sociaux à Bruxelles, j’analyse les pratiques professionnelles et ordinaires qui entourent ces dispositifs, depuis leur intégration dans les bâtiments jusqu’à leur suivi, leur entretien et leur adaptation au fil de l’usage. L’objectif est de comprendre comment la performance énergétique se construit et se maintient au quotidien, à travers des arrangements sociotechniques souvent peu visibles, et ce que cela révèle des conditions concrètes de mise en œuvre de la transition énergétique dans le secteur du bâtiment.

 

Pourquoi avez-vous opté pour ce champ de recherche ? 

J’ai choisi ce champ de recherche parce qu’il se situe à l’intersection d’enjeux politiques, techniques et sociaux contemporains. Les équipements techniques occupent aujourd’hui une place centrale dans les politiques de décarbonation du secteur du bâtiment et sont investis de promesses fortes, comme la  réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’amélioration du confort et l’allègement des factures des ménages. Or, des travaux menés par ma promotrice, ainsi que mes propres enquêtes exploratoires auprès d’acteur·rices de terrain, montrent que ces dispositifs sont souvent plus fragiles qu’on ne l’imagine et leur performance dépend d’un ensemble de pratiques sociotechniques discrètes mais essentielles, telles que la maintenance, les réglages, les réparations ou encore la coordination entre les multiples acteur·rices impliqué·es. C’est cette configuration, où des objectifs socio-environnementaux ambitieux reposent sur des équipements fragiles et sur un travail quotidien largement invisibilisé, qui a motivé mon envie de travailler sur ce sujet de recherche.

 

Par qui votre recherche sera-t-elle encadrée et quelle expertise ces personnes pourront-elles vous apporter ?

La recherche sera menée au sein du laboratoire Architecture, Construction et Transition socio-écologique (ACTE), qui rassemble des chercheur·euse·s travaillant sur le bâtiment éco-responsable en interrogeant les cultures architecturales et constructives, les pratiques d’habiter ainsi que les cadres politiques et normatifs. Ma thèse sera supervisée par Julie Neuwels, professeure à la Faculté d’Architecture et codirectrice du laboratoire ACTE. Ses travaux, à l’intersection de l’architecture et des sciences sociales, portent sur la mise en œuvre et à l’épreuve des politiques environnementales appliquées au secteur de la construction, en explorant les dynamiques sociotechniques sous-jacentes et en s’intéressant au phénomène de technicisation des bâtiments énergétiquement performants. Elle travaille également sur les enjeux méthodologiques et épistémologiques des recherches qui combinent sciences sociales et disciplines de l’espace pour appréhender les problématiques environnementales. Son expertise offre un environnement précieux pour accompagner ce projet situé au croisement de la sociologie, des STS et de l’architecture.

 

Avez-vous quelque chose à ajouter ?

Je profite de ce mot de la fin pour remercier chaleureusement l’ensemble de mes collègues et professeur·es, à la Faculté d’Architecture comme à la Faculté des sciences politiques, qui m’ont accompagnée tout au long de mon assistanat et dans la préparation de ma candidature. Leurs relectures attentives, leurs conseils, leurs suggestions et, surtout, leurs encouragements ont joué un rôle essentiel dans la concrétisation de ce projet. L’obtention de cette bourse n’est pas le résultat d’un travail solitaire, mais s’inscrit dans un cheminement collectif, fait d’échanges, de soutien et de collaborations.

 

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