Interview

Mandat d'assistante 2-4-6 pour Amélie Halbach

Faculté d'Architecture | URA



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©️ A. Halbach

Amélie Halbach est assistante 2-4-6 au sein de la Faculté d'Architecture. Nous lui avons posé quelques questions.

Pouvez-vous nous rappeler brièvement votre parcours ?

J’ai été diplômée de la Faculté d’Architecture de l’Université de Liège en 2019, avec un mémoire intitulé « Le BIM as-built comme outil d’aide à la décision entre démolition et déconstruction ». Avant d’entamer ma thèse, j’ai exercé pendant trois années en tant qu’architecte en bureau d’études. Cette expérience professionnelle s’est révélée particulièrement enrichissante pour ma recherche, dans la mesure où mon sujet de recherche est étroitement lié aux pratiques des acteurs du secteur.

 

Vous avez un mandat d’assistante au sein de la faculté. Duquel s’agit-il et quelles conditions y sont attenantes ?

Je suis engagée depuis septembre 2022 sous un mandat d’assistante 2-4-6. Ce mandat prévoit une répartition du temps de travail entre les activités d’enseignement, de recherche et de services à la communauté. Ce qui explique aussi pourquoi ce type de contrat s’étend sur six ans, ce qui est plus long qu’une bourse de recherche.

 

Quels sont les avantages et/ou inconvénients à combiner la recherche et l’enseignement ?

Je vois principalement deux avantages. D’abord, cela permet de sortir un peu de la recherche au quotidien, de prendre du recul et de penser à autre chose de temps en temps. Ensuite, c’est une vraie opportunité d’être impliqués dans la vie de la faculté, puisque nous sommes en contact avec des profils très variés : enseignants, étudiants, personnel administratif et bien sûr les autres chercheurs. La principale difficulté, en revanche, est de trouver le bon équilibre entre ces différentes activités. Cela exige une organisation rigoureuse et une gestion du temps efficace. Pour ma part, j’ai tendance à m’investir pleinement dans ce que je fais, ce qui rend parfois cet équilibre difficile à maintenir.

 

Parlez-nous de votre recherche : sur quoi porte-t-elle ?

Le secteur de la construction consomme aujourd’hui énormément de ressources et génère beaucoup de déchets. C’est pourquoi il est au cœur des réflexions sur la transition vers une économie circulaire. L’une des pistes explorées consiste à concevoir des bâtiments plus facilement démontables et adaptables, afin de prolonger leur durée de vie et de réduire les déchets. Un des principaux frein à cette approche concerne la gestion des informations sur les matériaux. En effet, ces données sont souvent incomplètes, mal organisées ou perdues avec le temps. Ma recherche s’intéresse donc aux stratégies de documentation qui permettraient de mieux conserver et transmettre ces informations, afin de faciliter le réemploi futur des matériaux de construction lorsque les bâtiments sont transformés ou démontés.

 

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© A. Halbach

Comment avez-vous opté pour ce champ de recherche ? 

Mon sujet de recherche prolonge le travail de mon mémoire de fin d’études, que j’ai réalisé sous la direction de Sylvie Jancart. C’est elle qui m’a encouragée à explorer ce domaine plus en profondeur. Je me souviens encore de sa question à la fin de mon parcours de TFE : « Ne voudrais-tu pas faire un doctorat ? Je pense que tu as le profil. » Cette question a semé une petite graine dans mon esprit. Elle a commencé à germer lorsque je travaillais en bureau d’architecture, où j’ai constaté que le réemploi et la conception réversible restaient encore très éloignés des pratiques courantes du secteur. Cette prise de conscience m’a donné envie d’agir, de réfléchir à des solutions concrètes et de contribuer, à ma manière, à rapprocher la théorie de la pratique dans ce domaine.

 

Par qui votre recherche est-elle encadrée et quelle expertise ces personnes pourront-elles vous apporter ?

Ma promotrice est la Professeure Aurélie de Boissieu, qui m’accompagne à la fois sur le sujet du numérique et sur tous les aspects méthodologiques de ma thèse. Dans mon comité de thèse, j’ai également la chance d’être encadrée par la Professeure Sophie Trachte, spécialiste de l’économie circulaire, le Professeur Erik Poirier, de l’ETS Montréal, qui m’apporte son expertise sur la gestion des données BIM tout au long du cycle de vie, et enfin la Professeure Ana Costa, de l’Université de Lancaster, qui travaille sur le passeport matériau.

 

Un mot pour la fin ?

« Waouh, six ans de thèse… c’est long ! » C’est une remarque que j’entends souvent de la part de personnes en dehors du milieu académique. J’ai l’impression qu’ils nous prennent pour des fous à vouloir faire un doctorat. Moi, en tout cas, j’adore ce job ! Mon travail, c’est explorer ce qui me passionne… et franchement, que demander de mieux ?

 

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