Obtention d'une bourse de doctorat pour Mathilde Martinez Aguilera
Faculté d'Architecture | URA
Mathilde Martinez Aguilera a obtenu une bourse de doctorat au sein du Laboratoire des Transitions de l'Université de Liège. Nous lui avons posé quelques questions.
Pouvez-vous nous parler brièvement de votre parcours ?
Mon parcours a commencé par une forme d’"égarement", non pas parce que je ne savais pas quoi faire, mais plutôt parce que je m’intéressais à trop de choses à la fois. Curieuse de tout, je peinais donc à faire un choix. J’ai alors réalisé un test d’orientation organisé par l’Université de Liège qui m’a dirigée vers des études en Information et Communication. Après deux années de bachelier, j’ai toutefois réalisé que ce n’était pas vraiment “ma place”. Très créative et passionnée par l’architecture depuis l’enfance, j’ai repensé à ces moments passés à construire des structures en Kapla avec mon père ou aux soirées à visionner “Une Brique Dans Le Ventre” que ma mère affectionne particulièrement. Je me suis alors demandé si, moi aussi, je n’avais pas une brique dans le ventre. J’ai donc entamé des études d’architecture, que j’ai poursuivies jusqu’à l’obtention de mon diplôme de master 2024.
Et entre 2024 et 2025, me direz-vous ? J’ai cherché. Chercher est peut-être, au fond, ce que j’ai toujours le plus aimé faire. Alors j’ai su, j’ai compris ce dont j’avais envie, ce qui m’animait profondément. La réponse n’était pas nécessairement de travailler immédiatement dans un bureau d’architecture, mais plutôt de continuer à questionner le monde avec un regard d’architecte avant de pouvoir moi-même exercer cette profession. La recherche m’offre aujourd’hui précisément cet espace : une manière de mieux percevoir ce qui m’entoure et de comprendre ce qui fait notre architecture et à quel point elle nous façonne en retour.
Vous avez récemment obtenu une bourse de doctorat à l’ULiège. De laquelle s’agit-il ? À quel appel avez-vous répondu et quelles étaient les conditions pour y souscrire ?
J’ai répondu avec beaucoup d’enthousiasme à un appel à bourse dans le cadre du Laboratoire des Transitions de l’Université de Liège. À ce moment-là, le consortium interdisciplinaire “Concrete Transition” recrutait un·e doctorant·e pour une durée de quatre ans.
Après le dépôt de ma candidature et un entretien, j’ai été engagée dans le cadre d’un projet de recherche PDR du F.R.S.-FNRS intitulé : “Penser les politiques de vieillissement des infrastructures face à la dégradation du béton armé des barrages et des ponts en Belgique”.
Parlez-nous de votre recherche : sur quoi va-t-elle porter ?
Ma recherche explore les enjeux politiques liés au vieillissement des infrastructures en béton armé, en croisant plusieurs approches : l’architecture, les STS et l’histoire environnementale. Elle se concentre plus particulièrement sur les infrastructures wallonnes, afin de comprendre comment le vieillissement de ces ouvrages d’art est progressivement devenu un enjeu sociopolitique. En mêlant histoire, ethnographie et prospective participative, ce projet vise à replacer le béton armé dans l’ensemble des relations socio-environnementales qui le traversent et à l’interroger à partir de cet angle d’approche.
Comment avez-vous opté pour ce champ de recherche ?
Cet appel m’a immédiatement intéressée. Durant ma formation d’architecte, le béton (armé) était omniprésent : étudié dans son histoire, mis en œuvre dans nos projets, analysé du point de ces propriétés constructives, critiqué pour ses conséquences environnementales, mais aussi à (ré)envisager dans des perspectives de rénovation ou de réemploi. Cette omniprésence tant dans ma formation académique que dans les paysages qui m’entourent, ce sujet m’est apparu comme essentiel. Précisément, les infrastructures en béton armé font partie de mon paysage quotidien : en partant de chez moi ce matin, j'ai traversé de nombreux ponts avant de pouvoir m’installer à cette chaise de bureau depuis laquelle j’écris ces lignes.
Par qui votre recherche sera-t-elle encadrée et quelle expertise ces personnes pourront-elles vous apporter ?
Ma recherche est menée sous la co-promotion de Pierre Delvenne et Alexis Zimmer. Pierre Delvenne est maître de recherches F.R.S.-FNRS et professeur à l’Université de Liège. Ses travaux s’inscrivent dans le champ des Science and Technology Studies. Il dirige également l’unité de recherche Cité, le centre de recherche SPIRAL (duquel je fais partie), ainsi que la collection "Sciences et Technologies en Société” aux Presses Universitaires de Liège. Alexis Zimmer est quant à lui chargé de cours à la Faculté d'Architecture de l'Université de Liège et spécialiste de l’histoire environnementale appliquée à l’architecture et à l’urbanisme.
Leurs approches complémentaires constituent un cadre particulièrement stimulant pour développer cette recherche interdisciplinaire. Au-delà de leurs expertises scientifiques, ils m’apportent déjà beaucoup sur le plan humain : la bienveillance, la disponibilité, les conseils avisés, leurs questionnements et leurs regards critiques nourrissent quotidiennement mon travail.
Je souhaite aussi souligner à quel point mes environnements de recherche sont des lieux qui comptent dans le quotidien d’un·e doctorant·e : la recherche ne se construit jamais seul·e. Elle se nourrit des échanges, des débats, des curiosités partagées et de toutes ces discussions qui ouvrent parfois des pistes auxquelles nous n'aurions pas pensé. C’est pourquoi le Centre de recherche SPIRAL et l’Unité de Recherche en Architecture (URA) représentent des lieux essentiels pour mener ma recherche. Ce sont des espaces de rencontre où circulent les idées, où les discussions s’improvisent souvent autour d’un article, d’un projet ou d’une question inattendue. Les informations y fusent, les points de vue se confrontent, les certitudes se déplacent. C’est un environnement intellectuel exigeant mais profondément enrichissant.
Au-delà donc de mes promoteurs, l’ensemble des personnes qui font vivre et rendent possible la recherche représentent pour moi de véritables moteurs qui donnent un réel sens et de la valeur à ce travail.
Avez-vous quelque chose à ajouter ?
Je souhaiterais simplement remercier l’ensemble des personnes qui ont contribué, de près ou de loin, à rendre ce projet possible. Merci également au personnel administratif et plus particulièrement au “Service Communication de la Faculté d'Architecture” qui donne une voix à ses chercheurs par l’initiative du “portrait”.
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