Obtention d'une bourse de doctorat pour Thibault Marghem
Faculté d'Architecture | URA
Thibault Marghem a obtenu une bourse de doctorat au sein de la Faculté d'Architecture de l'ULiège. Nous lui avons posé quelques questions.
Pouvez-vous nous parler brièvement de votre parcours ?
J’ai commencé ma formation d’architecte relativement tôt, en 2013, dans le cadre d’un cours à option alors que j’étais encore en secondaire. Pour des raisons que je n’ai pas encore entièrement élucidées, j’étais déjà convaincu, depuis très jeune, de vouloir m’orienter vers ce domaine. Mes premières expériences de projet ; manipuler l’espace, dessiner des lieux, travailler le plein et le vide à travers la maquette ont rapidement confirmé cet intérêt.
J’ai commencé mes études d’architecture en 2017, ici à la Faculté d’Architecture de l’Université de Liège. Au fil du cursus, j’y ai progressivement développé un intérêt pour la question des différentes échelles du projet. Mon travail de fin d’études (TFE-projet), présenté en 2022 et réalisé au sein de l’atelier « Laboratoire » de la filière « Architecture Régénérative », a constitué un moment charnière. Cet atelier propose d’ouvrir le regard sur le territoire et de questionner le sens même du projet d’architecture dans le contexte actuel très délicat faisant face aux différentes crises ; climatiques, environnementales et géopolitiques. Ce premier travail de recherche-projet m’a amené à considérer autrement les relations entre ville, société et territoire.
Suite à cela, j’ai travaillé comme assistant de recherche sur un projet financé par l’Union européenne à la faculté, tout en exerçant en parallèle en tant qu’architecte collaborateur en agence. Ces expériences m’ont donné envie d’approfondir les questions liées au projet urbain et au projet de territoire. J’ai alors fait le choix de poursuivre ma formation avec un post-master, le Master of Advanced Studies in Urban and Territorial Design, au sein des écoles polytechniques suisses. Cette expérience a été particulièrement enrichissante, tant sur le plan intellectuel que personnel, notamment grâce aux rencontres avec des personnes issues de disciplines et de contextes très variés.
Vous avez récemment obtenu une bourse de doctorat à l’Université de Liège. De laquelle s’agit-il ? À quel appel avez-vous répondu ?
Le projet est financé par une bourse PDR du F.R.S.-FNRS, attribuée à un projet de recherche porté conjointement par un géographe et une architecte. Ce dispositif permet de développer une recherche doctorale, en tant que boursier de l’Université de Liège, dans un cadre interdisciplinaire. Le projet est dirigé par Serge Schmitz, géographe, et Martina Barcelloni Corte, directrice de l’Unité de Recherche de la Faculté d’Architecture et promotrice principale de la thèse.
L’exercice du TFE-projet m’avait particulièrement marqué, au point de me donner envie de me réengager dans une démarche similaire, mais à une échelle plus large. Lorsque j’ai appris que Martina Barcelloni Corte recherchait un candidat doctorant pour ce projet de recherche interdisciplinaire, j’ai répondu présent à son appel.
Parlez-nous de votre recherche : sur quoi porte-t-elle ?
La recherche s’inscrit dans le projet InVERser et porte sur le rôle des versants dans le projet de la ville et du territoire. Le versant est ici entendu comme une surface topographique inclinée reliant des points hauts et des points bas, au sein d’un système plus large : vallée–versant–plateau.
Historiquement, les versants ont occupé des rôles variés : espaces de défense ou de culture, ils ont ensuite été progressivement considérés, au cours du XXe siècle, comme des contraintes à l’urbanisation. Aujourd’hui, ils sont souvent relégués à un arrière-plan paysager et restent peu pris en compte dans les stratégies d’aménagement.
L’hypothèse du projet est qu’ils constituent au contraire un espace stratégique, encore largement sous-exploré. Par leurs caractéristiques topographiques, écologiques et sociales, les versants peuvent être envisagés comme des lieux capables de jouer un rôle important dans le métabolisme urbain et dans les transitions en cours.
La recherche vise ainsi à opérer une « inversion du regard » sur ces espaces, en mobilisant une approche croisée entre géographie et architecture, afin d’en révéler le potentiel et d’explorer de nouvelles manières de les intégrer dans le projet urbain.
Pourquoi avez-vous opté pour ce champ de recherche ?
De manière générale, à partir du moment où j’ai commencé à m’intéresser au territoire et à essayer d’en comprendre ses propres logiques, cette approche du projet m’a paru particulièrement pertinente et stimulante. La question des versants fait d’autant plus sens pour moi car l’endroit et le moment où mon regard a évolué, vers une approche du projet plus systémique, s’est en grande partie opéré dans le cadre de l’atelier « Laboratoire», au sein duquel nous travaillions sur le schéma stratégique du bassin versant de la Vesdre.
Ce projet a fait apparaître la nécessité de considérer les versants de manière beaucoup plus attentive dans les projets d’aménagement du territoire. Je vois aujourd’hui cette recherche comme une sorte de suite, ou un approfondissement, de ce changement de regard sur le système "bassin versant”.
Par qui votre recherche est-elle encadrée et quelle expertise ces personnes pourront-elles vous apporter ?
La recherche est encadrée par Martina Barcelloni Corte et Serge Schmitz, dont les expertises sont complémentaires.
Ma collaboration avec Martina Barcelloni Corte remonte à 2021, lorsqu’elle a dirigé mon TFE-projet de fin d’études. Elle a ensuite supervisé le projet de recherche européen ReBuilding to Last (2022–2024), auquel j’ai participé en tant qu’assistant de recherche. Cette collaboration a fortement orienté mon parcours vers les échelles de l’urbanisme. Sa rigueur, sa capacité à articuler recherche et projet, ainsi que son engagement dans des démarches interdisciplinaires constituent un cadre particulièrement stimulant pour le développement de cette recherche doctorale.
Le projet est également dirigé par Serge Schmitz qui, par son expertise en géographie, apporte un regard complémentaire, ancré dans les sciences humaines et territoriales, essentiel pour aborder la complexité du sujet. Au cours de ces dernières années, j’ai eu l’occasion de travailler avec des personnes issues de différentes disciplines, et cette confrontation des regards m’apparaît aujourd’hui comme une dimension centrale du projet.
