Mandat d'assistante 2-4-6 pour Alice Thise
Faculté d'Architecture | UR AAP
Alice Thise est assistante 2-4-6 au sein de la Faculté d'Architecture. Nous lui avons posé quelques questions.
Pouvez-vous nous rappeler brièvement votre parcours ?
Depuis toujours, j’aime essayer de nouvelles activités et de nombreux domaines m’intéressent. Ainsi, arrivée à l’étape décisive du choix de mes études supérieures, j’ai été un peu perdue, puisque tout m’intriguait. J’ai finalement décidé de partir sur le premier choix qui m’était venu en tête : l’Architecture.
Au cours de ces cinq années d’études, j’ai eu l’occasion de tester plusieurs champs gravitant autour de ce domaine. J’ai ainsi pu suivre des cours à l’Université de Liège, mais également à l’Universidade de Lisboa (Portugal) où j’ai réalisé un Erasmus de cinq mois en Master. Ces cours portaient sur la médiation du patrimoine, sur sa documentation et modélisation, sur l’analyse de ses pathologies, etc. Bien que ceux-ci étaient fort différents, ils avaient tous un point commun : le patrimoine. Cela m’a également poussé à choisir le projet d’atelier Relecture, lors duquel j’ai été sélectionnée pour participer au concours international Iacobus.
Ces différents centres d’intérêt ont pu être réunis dans mon mémoire de fin d’études intitulé : "Le vidéoludique au service du patrimoine architectural : En quoi le vidéoludique peut servir de médiation du patrimoine auprès des étudiants ?" Celui-ci était encadré par le professeur Pierre Hallot et le professeur Dimitri Laboury. J’ai finalement été diplômée en septembre 2024.
Vous avez un mandat d’assistante au sein de la faculté. Duquel s’agit-il et quelles conditions y sont attenantes ?
J’ai été engagée directement après ma défense de TFE et ai donc commencé mon mandat d’assistante 2-4-6 en septembre 2024. Ce mandat permet de financer ma recherche doctorale en divisant mon horaire de travail en charges d’enseignement, en recherche pour ma thèse et en service à la communauté.
Quels sont les avantages/inconvénients à combiner la recherche et l’enseignement ?
L’enseignement a toujours fait partie de mes centres d’intérêt, c’est pourquoi je suis partie sur ce mode de financement. Il me permet d’améliorer ma prise de parole en public afin de rendre claire les énoncés des travaux pratiques ; de rester stimulée intellectuellement en jonglant entre recherche et activités d’enseignement ; et de pouvoir collaborer avec les différents acteurs de la faculté, tels que les étudiants, les professeurs, le personnel administratif, etc. De plus, l’un des principaux avantages de cette combinaison est qu’elle me permet d’approfondir mes compétences grâce à certains cours en lien direct avec mes activités de recherche.
Par ailleurs, certains cours requièrent de nombreuses corrections. Cela demande donc d’être organisée afin de pouvoir les concilier avec certains attendus au niveau de la recherche, tels que des publications d’articles, des présentations, etc.
Parlez-nous de votre recherche : sur quoi porte-t-elle ?
Ma thèse est en continuité avec mon mémoire mentionné plus tôt. Plus précisément, elle porte sur l’impact des Serious Games (SG) pour la communication du patrimoine architectural inaccessible. Cette recherche-création se place donc directement dans un contexte d’altération et de disparition de certains édifices. Elle vise donc à garder une trace de ces lieux sous forme physique, digitale ou phygitale (entre le physique et le digital) mais également à permettre aux joueurs d’en apprendre plus sur eux. C’est ainsi à partir de recherches théoriques et d’analyses de SG qu’une démarche méthodologique, visant à la création de SG patrimoniaux, sera mise en place. Elle sera ensuite utilisée afin de concevoir un SG sur le cas d’étude de cette recherche : la chapelle funéraire de Sennefer. Un fois réalisé, ce SG sera ensuite testé afin de comparer l’efficacité théorique et réelle des SG pour la communication patrimoniale. Ainsi, la démarche pourra être adaptée afin d’être reproductible pour de futures créations de SG patrimoniaux.
Pourquoi avez-vous opté pour ce champ de recherche ?
J’ai grandi au sein d’une famille de joueurs, dans laquelle j’ai pu développer ma culture (vidéo)ludique. J’ai également été dans un mouvement de jeunesse pendant 15 ans, où j’ai pu prendre part à différents jeux réalisés par mes animateurs. À mon tour, par la suite, j’ai pu créer de nombreuses activités pour mes animés et j’ai pu obtenir mon brevet d’animation. Ainsi, les jeux m’ont toujours intéressée et, particulièrement, les jeux permettant de transmettre un message. En effet, au Patro, nous avions parfois des activités de recherche de sens permettant de nous faire réfléchir sur des thématiques telles que le harcèlement, le conformisme, etc.
Dès mes études secondaires, j’avais la certitude que, quel que soit mon parcours, je souhaitais aller jusqu’au doctorat. Je voulais avoir l’opportunité de contribuer à la recherche scientifique et, en quelque sorte, d’apporter ma pierre à l’édifice. C’est ainsi que, dès que j’ai dû choisir mon sujet de TFE, j’ai voulu lier ces "jeux de sens" avec l’architecture. Comme précisé plus tôt, mon intérêt pour le patrimoine architectural, et la nécessité de sa documentation, s’est développé au cours de mon cursus ainsi qu’au fil de discussions avec mon promoteur, le professeur Pierre Hallot. Par ailleurs, ce sujet de recherche me permet de me trouver à la croisée de différentes disciplines telles que l’architecture, la communication et la pédagogie.
Par qui votre recherche est-elle encadrée et quelle expertise ces personnes pourront-elles vous apporter ?
Cette recherche est interdisciplinaire et requiert donc différents experts venant de champs théorique et/ou pratique différents. Elle est supervisée par le professeur Pierre Hallot, expert en relevé numérique du patrimoine au sein du laboratoire DIVA (UR AAP) de l’Université de Liège. J’ai également deux autres membres rattachés à la même université : le professeur Dimitri Laboury, égyptologue au sein de l’UR Mondes Anciens, et le professeur Björn-Olav Dozo, co-fondateur du Liège Game Lab et de la CARE numérique de l’Université et rattaché à l’UR Traverse. Ces deux profils m’apportent respectivement une expertise sur le cas d’étude et sur le médium du jeux vidéo. Cette recherche est également encadrée par la professeure Rilla Khaled, du centre de recherche TAG de l’Université de Concordia (Canada), spécialiste dans le domaine des Serious Games et du lien ‘human-computer’ et le professeur Eslam Nofal, expert dans la communication phygitale du patrimoine au sein de l’UAE de l’University of Sharjah (Émirats arabes unis).
Avez-vous quelque chose à ajouter ?
Quand on pense au jeu, on se le représente souvent comme une activité qui n’a rien de sérieux, qui n’a pas sa place dans une recherche scientifique. Or, ma thèse vise à démontrer que l’utilisation d’un environnement ludique peut avoir un impact sur la communication du patrimoine, que ce sujet de recherche a autant sa place qu’un autre. En effet, il existe déjà de nombreuses recherches sur les jeux éducatifs mais leurs apports au niveau patrimonial sont encore peu développés, et cela se marque plus si on se penche sur le patrimoine architectural inaccessible.
Pour terminer, j’en profite pour remercier mon comité mais également toutes les personnes qui me soutiennent durant cette recherche, telles que les autres doctorants, mes amis et ma famille.
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