Mandat d'attaché de recherche pour Simon Boutet
Faculté d'Architecture | UR AAP
Simon Boutet est doctorant et attaché de recherche au sein de la Faculté d'Architecture. Nous lui avons posé quelques questions.
Pouvez-vous nous rappeler brièvement votre parcours ?
Après avoir défendu en janvier 2025 mon mémoire intitulé « L’intégration des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle dans la conservation du patrimoine bâti pour détecter la présence de pathologies », j’ai obtenu un master en architecture à l’Université de Liège. Ma curiosité pour les sujets abordés dans le mémoire m’a ensuite conduit à présenter une extension de celui-ci lors d’une conférence internationale à Séoul, organisée par le CIPA Heritage Documentation. Cette expérience a ensuite confirmé mon intérêt pour l’intelligence artificielle et la conservation du patrimoine bâti, et m’a progressivement conduit à développer ma recherche doctorale actuelle.
Vous êtes doctorant et attaché de recherche au sein de la faculté. Pouvez-vous nous dire ce que ce deuxième statut englobe ?
Ce statut correspond à mon activité professionnelle au sein de la faculté et contribue au financement de mon parcours doctoral. Il m’amène notamment à participer à des projets de recherche, comme le projet URMIBALI, encadré par Sophie Trachte, ainsi qu’à réaliser différentes missions pour le laboratoire DIVA, auquel je suis rattaché.
Ces missions comprennent notamment la numérisation 3D d’édifices liégeois et la formation d’intervenants à l’exploitation de ces données, ainsi qu’une participation à des enseignements du cursus d’architecture portant sur la documentation du bâti existant. Elles me permettent d’approfondir des méthodes directement ou indirectement liées à ma recherche, tout en diversifiant les activités qui accompagnent mon travail doctoral.
Parlez-nous de votre recherche : sur quoi porte-t-elle ?
Ma recherche porte sur l’intégration de l’intelligence artificielle dans les pratiques d’inspection et de documentation du patrimoine bâti. Plus précisément, elle vise à améliorer et à mieux adapter au domaine du patrimoine les protocoles de détection automatique de pathologies visibles en façade, telles que les fissures ou les pertes de matériau.
Cette détection reposant sur l’analyse d’images, j’étudie notamment l’influence des conditions d’acquisition sur le terrain ainsi que différentes méthodes permettant d’améliorer la visibilité ou le contraste des pathologies avant leur traitement par des modèles d’IA. À terme, l’ambition est de contribuer au développement de protocoles d’inspection plus rapides et fiables, tout en restant adaptés aux besoins des experts du patrimoine.
Comment avez-vous opté pour ce champ de recherche ?
Mon intérêt pour ce champ de recherche est né au cours de mes études d’architecture. J’ai eu l’occasion d’y découvrir la richesse et la complexité du patrimoine bâti à travers différents ateliers de projet et cours à option. Parallèlement, la démocratisation rapide de l’intelligence artificielle alimentait déjà de nombreux débats, avec l’apparition d’outils grand public tels que ChatGPT en 2022, mais aussi d’applications plus spécialisées destinées au domaine de l’architecture.
C’est donc naturellement que je me suis intéressé à la rencontre de ces deux domaines, qui constituent chacun des enjeux majeurs de notre époque. Alors que l’IA est déjà fortement mobilisée dans le secteur de la construction neuve, son application au bâti existant et au patrimoine demeure encore relativement limitée. Pourtant, je suis convaincu que ces technologies présentent un potentiel qui mérite d’être davantage exploré mais également nuancé, dans un contexte où la réduction de l’empreinte environnementale des secteurs du numérique et de la construction constitue un enjeu majeur.
Par qui votre recherche est-elle encadrée et quelle expertise ces personnes pourront-elles vous apporter ?
Ma recherche est principalement encadrée par le Professeur Pierre Hallot, dont les travaux portent sur la documentation numérique du patrimoine bâti. Son expertise me permet de relier les développements technologiques étudiés dans ma thèse aux outils et attentes du secteur patrimonial.
Je bénéficie également de l’accompagnement d’un comité composé de profils complémentaires, dont les expertises couvrent notamment l’intelligence artificielle, l’analyse des pathologies et la caractérisation des matériaux.
Avez-vous quelque chose à ajouter ?
J’aimerais souligner que l’objectif de ma recherche n’est pas de remplacer l’expertise humaine par l’intelligence artificielle. Celle-ci offre avant tout l’opportunité de développer des outils capables d’assister les professionnels dans certaines tâches d’inspection et de documentation. Malgré le fait que ces technologies sont parfois perçues soit comme une solution à tous les problèmes, soit comme une menace, je pense qu’il est important de nuancer leur utilisation. Je cherche plutôt à m’inscrire dans une démarche visant à explorer ce que l’IA peut réellement apporter aux pratiques actuelles, tout en questionnant la pertinence de certaines solutions fondées uniquement sur l’amélioration des performances technologiques.
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